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Il y a des nuits comme ça…

Il y a des nuits comme ça, trop rares, où le temps s’arrête aux urgences. Des nuits où l’on n’est pas submergés par l’afflux de patients, par la bobologie, par les mécontents. Des nuits où nous soignants, on ne côtoie pas que le malheur, la tristesse ou la mort… Où l’on peut discuter et rire entre nous, nous poser, échanger. Mais ces nuits, on le sait finissent rarement bien aux urgences.

Et puis, à 1h30 de la fin de la garde, un patient est emmené par les ambulanciers, en grande détresse respiratoire, crachant tout le sang qu’il peut, saignant du nez. Un Mr de 54 ans, atteint d’un néo ORL à l’issue inévitable, en traitement expérimental. Un homme qui agonisera au déchoc pendant 45 minutes, temps pendant lesquelles tout sera tenter pour le sauver. Un patient qui mourra étouffé par ses tumeurs, fatigué d’avoir lutté, dans les bras d’une épouse traumatisée, serrant son mari plein de sang, perfusé de partout.

Et puis, à 30 minutes de la relève, une dame qui arrive, persuadée d’avoir été piquée par une tique. Une dame à qui il faudra expliquer que ce n’est qu’une croute en fait, juste une croute. Une dame à qui l’on aurait envie de crier qu’un homme vient de mourir d’une bien « triste et douloureuse mort ». C’est ça le paradoxe des urgences, la vie qui reprend son cours, quelques soient les événements passés.

Et c’est le coeur lourd qu’à la fin de sa garde, on laisse au vestiaire sa blouse blanche, tentant d’y laisser aussi un peu du malheur de la nuit.  Il y a des nuits comme ça…

A propos de Thibault Deschamps

Infirmier 2.0 - Je partage tout et rien mais cela n'engage que moi. Note: Article rédigé en collaboration avec l'entreprise citée

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