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SAMU et interne

Quand un interne joue au médecin-urgentiste

Lors de ma dernière garde SPV, j’ai pu voir le SMUR débarquait sur mon intervention avec une interne… Et là c’est le drame (pour elle).

Attention, vla l’interne du SMUR !

Arrivé dans un foyer logement pour une douleur thoracique chez un homme d’environ 80 ans, le SAMU décide de nous envoyer une équipe SMUR. Bon, d’accord, même si rien d’anormal autre que sa douleur (ressemblant d’ailleurs a une RGO) telle que l’irradiation, une TA anormale ou autres aspect suspect. On attend patiemment, sous cette chaleur qui caractérise cette belle journée, on attend… Puis voici que l’équipe arrive, on voit les voit descendre du véhicule mais ils sont quatre ! Tiens ce n’est pas trois d’habitude ? Je lance les paris entre l’IADE en stage ou l’interne de médecine.

Bingo ! J’ai gagné avec l’interne de médecine qui arrive et prend rapidement l’intervention à son compte. Tiens… Le médecin quand à lui s’assoit tranquillement sur une chaise et tapote sur on iPhone dernier modèle. On laisse faire les examens, les questions habituelles, la consultation du dernier dossier, l’ECG… d’ailleurs celui-ci révèle une anomalie mais l’interne voudrait bien un autre ECG de référence. Ne bouge pas ma petite dame ! Je demande au monsieur hein… Ah bah oui, il en avait un, il suffisait de chercher. Pendant ce temps, je vais voir discrètement ce que peut faire le médecin sur son portable depuis le début et là, partie de Candy Crush ! J’adore… En gros, il laisse totalement l’interne géré l’intervention et je me dis qu’il est quand même sympa ce médecin… Sauf que l’interne cherche, cogite, fais différents diagnostiques et regarde l’air totalement désespéré son responsable qui ne répond pas à ses propositions. Mais attention, je remarque vite qu’il reste attentif aux questions posées car on peut facilement voir ses grimaces à certaines questions ou de petits sourires malins… On comprendra vite le pourquoi d’une telle ambiance lorsqu’il finit par lui dire : « Tu m’as arraché la feuille de départ des mains, c’est que tu voulais faire le médecin. Alors fais le médecin et débrouilles toi ». Ça c’est fait…

Tu la sens la pression ?

Puis une fois le diagnostic établi avec un joli « Non pas peut-être, je suis sûr ! », il lui faudra alors déterminer la suite des événements à savoir si on va aux urgences ou directement en USIC. Un sketch je vous dis… Mais on commence à avoir un peu de peine pour cette interne qui se décompose progressivement. On n’aurait pas voulu être à sa place à ce moment-là. Le médecin finira par mettre la pression en lui demandant de faire le choix rapidement, on n’a pas le temps en intervention de cogiter des heures. L’IADE assis la tête dans ses mains, l’ambulancier grand sourire aux lèvres et nous l’air hagard face à cette situation mais comprenant aussi que d’un côté, si le médecin est comme ça c’est pour faire réagir son interne.

Elle finira par prendre la décision d’aller en USIC et enfin on a pu faire un peu d’exercice en transportant le patient vers l’hôpital de secteur.

Comme quoi jeunes internes, ne jouez pas les cowboys et ne foncez pas tête baissée. Laissé faire votre senior, sinon il vous le fera payer. D’un regard extérieur, on pourrait en vouloir au médecin, on le détestait sur le coup mais la leçon fut quand même là.

A propos de Jay

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Un commentaire

  1. Je me suis perdu sur internet.
    Je tombe sur cet article. Je ne sais absolument pas qui l’a écrit, qui gère cette page « seringue.net »…
    Je remarque déjà qu’il existe une faute à chaque phrase et qu’avant de poster un article dont le fond est mauvais, relisez vous pour que la forme le soit moins.
    Ensuite… Le fond justement…

    Si je comprend bien, c’est un infirmier de foyer logement qui juge de la situation avec un oeil si critique. Son quotidien est certainement source d’une immense pression, il doit avoir d’énormes responsabilités pour juger la situation d’un oeil si moqueur. On sent l’esprit confraternel et bienveillant au ton employé. La situation décrite vous a fait appeler du renfort parce que vous étiez justement en difficulté. Si vous étiez si certain, oh grand Professeur que ceci n’était qu’une douleur compatible avec un RGO, vous n’aviez qu’à donner le traitement adapté, si tant est que vous le connaissiez et vous débrouiller seul. Vous auriez aussi pu interpréter l’ECG ou faire une échographie cardiaque de débrouillage et vous passer de l’aide des médecins que vous avez appelé pour ensuite leur cracher dessus. Tellement simple de juger lorsqu’on est spectateur de la situation.
    Pour être du métier, il faut savoir que les internes SMUR sont en fin de cursus et que dans peu de temps, ce sont eux aux manettes. Il est normal de leur laisser la main d’autant que le médecin sénior reste derrière en cas de mauvaise décision. J’imagine que s’il est resté en retrait, c’est que le patient n’était pas en choc cardiogénique. Mais on sent déjà que vous êtes aigri en jugeant le portable « dernier cri », jalousie quand tu nous tiens. Bref dès le départ vous les aviez jugé lorsque vous faites la remarque dans l’article qu’il y a sûrement un élève IADE ou un interne de ce petit ton dédaigneux.
    En conclusion je vous dis simplement que non l’interne ne « joue pas au médecin urgentiste » mais apprend simplement son métier ne vous en déplaise.

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