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Vas-y, étrangle moi !

Scène de vie ordinaire aux urgences. C’est triste que cette précédente phrase fasse maintenant partie de notre quotidien sans que personne ne fasse quoi que ce soit.

Ce soir-là, la tension est monté d’un cran aux urgences, surement parce qu’il fait maintenant véritablement chaud la nuit. Un homme était venu avec un désir d’entretien avec un psy. Comme toujours il a été appelé mais ne le verra pas tout de suite, même pas genre 5 minutes pour faire une première évaluation rapide. Comme à chaque fois donc, on le pousse dans la zone de soins, pour qu’on le surveille. On n’a que ça à faire il est vrai… Alors forcément le garçon, installé dans un box durant 2 heures est en droit de s’énerver et son mal psychique est maintenant en place pour prendre le dessus.

Tu comptes m’étrangler ?

Alors il interpellera l’équipe, plusieurs fois, parlant nerveusement, parlant sans détachement, leur parlant tellement mal. Et forcément, quand celui-ci se met devant une aide-soignante, qui n’a pas arrêté de répondre à ses nombreuses sollicitations, lui disant bien qu’elle avait du travail, et bien celui-ci n’en a rien à faire et le fait savoir. Puis ce gentil monsieur l’engueule et l’insulte en commençant à lever le poing sur elle. On se doit de réagir et d’arrêter de faire l’autruche avec ce genre de patient en se disant qu’il va bien se calmer un moment donné ou qu’il va être pris en charge.

Je le calme donc volontairement par la parole, je me mets devant lui en lui disant de se calmer avec ses menaces, espérant également qu’il retourne son attention vers moi et non plus vers l’aide-soignante que son regard et sa haine ne lâchent pas. Je me suis retrouvé la gorge prise entre ses deux mains. Violence quotidienne, violence physique d’une scène ordinaire aux urgences. On en finit par se battre (sachant que je n’aurais finalement fait que lui bloquer les bras et le propulser sur un brancard pour le tenir fermement en attendant que toute l’équipe ayant entendu notre altercation vienne l’attacher. Hématomes (et compagnie) sur les bras et surtout sur le cou, qui seront visibles toute la nuit par l’ensemble des autres patients. Cela ne me vaudra donc que mon deuxième accident de travail de l’année et ma cinquième fiche d’événement indésirable.

Scène ordinaire aux urgences

Le plus drôle dans tout cela me direz-vous ? Surement l’équipe psy venue dans les 5 minutes, puis s’étant entretenue 20-25 minutes avec lui pour ressortir et dire simplement : « bon vous pouvez appeler une ambulance, il peut rentrer seul chez lui ». Ah c’est tout ? Il ne s’est rien passé donc ? Pas un moment ils ne seront venus me demander si tout allait bien. Juste pour me dire que monsieur avait le droit de rentrer en ambulance… À votre bon cœur.

A propos de Thibault Deschamps

Infirmier 2.0 - Je partage tout et rien mais cela n'engage que moi. Note: Article rédigé en collaboration avec l'entreprise citée

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