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Aujourd’hui, c’est la grève des infirmiers !

Aujourd’hui, c’est la grève des soignants. 28 ans après la plus grande grève effectuée par les infirmiers et infirmières, nous voici de retour sur le pavé. Entre temps, aucune manifestation.

Aujourd’hui, j’étais dans cette marée de blouse blanche dans les rues de Paris, au côté des mes collègues infirmier(e)s, aides-soignant(es), des iades des ibodes, des libéraux mais aussi des étudiants infirmiers présents en masse. On était un millier il parait, une dizaine de milliers à travers les différentes villes de France. 10.000 sur 650.000 infirmiers environ ? Cela reste peu, trop peu.

On sait que nous sommes un métier difficilement gréviste. Enfin, j’entends parler du fait qu’il nous est difficile de manifester en grand nombre dans la rue. Pourquoi ? Car nous sommes une population réquisitionnée et devons rester dans nos services pour assurer la continuité des soins aux patients. Logique me diriez-vous, même sans réquisition je pense qu’on resterait dans nos services. On se voit mal laisser nos patients sans personne pour prendre soins d’eux. Parce que justement, on prends soin mais qui prend soin de nous ? On regarde autour de nous, triste constat de dire que personne n’est là.

Aujourd’hui, la manifestation a fait du bruit tout le long du cortège, parti de la gare Montparnasse pour rejoindre le ministère de la Santé, tu sais là où se planque notre ministre. Enfin, la ministre, l’autre là, parce que ce n’est plus la « nôtre ». D’ailleurs, elle s’est bien planquée derrière une horde de CRS qui ont bloqué la rue afin de ne pas se rendre devant les locaux tout en verre. Allez quoi, on est quand même pacifique, on ne tape pas, on se fait taper dessus.

Les CRS bloquent l'accès au Ministère de la Santé
Les CRS bloquent l’accès au Ministère de la Santé

Aujourd’hui, j’ai vu un faible taux de participation à cette grève mais en même temps un grand mouvement solidaire. Même pour ceux ne pouvant être présent. Alors on finit par dire que c’est la faute à la réquisition… Elle a bon dos cette réquisition. Si je regarde dans mon service, sur 60 infirmiers, ils sont 20 à être réquisitionnés. Où sont les autres ? Dans mon ancien service, on était 5 ou 6 infirmiers pour seulement 2 réquisitionnés le jour d’une grève. Alors où sont les autres ? Je comprends que cette histoire de réquisition est pénible pour nous permettre de faire grève convenablement mais quand même (Bon tout ceci reste de mon point de vue, je comprend la difficulté de se déplacer). Peut-être est-ce surtout du fait que notre chère MST montre son inintérêt persistant face à la profession, n’a jamais montré le moindre importance alors pourquoi se déplacer vu qu’elle ne répond pas et ne répondra certainement jamais à nos sollicitations. Elle attend surement le « ouf » de soulagement quand elle rendra les clés de son ministère. D’ailleurs, notons qu’elle a quand même dit un mot sur cette grève… Mais pas à nous. Coulisse vue d’un sénateur :

 

Enfin bref heureusement que les étudiants infirmiers étaient dans le cortège. Ah bah oui, ils peuvent se mobiliser eux. D’ailleurs on aurait cru au départ à une manifestation d’étudiants infirmiers. On entendait qu’eux. Très bien les jeunes, criez ! Nous les vieux, nous vous regardons avec le sourire en pensant que vous défendez votre futur métier. Métier qui pour nous, a fini par nous blaser.

On notera une petite note de joie avec cette « mamie souriante » à sa fenêtre qui regarda le cortège et se fit interpeller à coup de « coucou« . Non sans humour, elle répondra par un salut qui fit monter les cris dans le cortège pour la saluer. Ah si elle savait qu’on se bat certes pour nous mais aussi pour elle, montrant notre ras-le-bol de notre quotidien pour éviter la dégradation des soins envers des personnes comme elle, comme vous.

J’aurais souvent entendu à la radio, à la télévision et lu dans la presse que nous n’avons pas le temps de pisser ou de manger. Il est vrai, on a plus le temps pour nous. Bon après, dire qu’on a pas le temps de pisser peut-être exagéré. Moi personnellement, je prends une minute pour pisser. Non mais en fait, à travers ces mots se tient une image. Une façon imagée de dire à vous tous, les patients, la population, le bureaucrate qu’on a plus le temps. Plus le temps de s’occuper du patient, vous en demandez toujours plus. Question de rendement… Je suis arrivé dans un hôpital, dans une fonction publique qui donnait un sens au mot « soin ». Je suis maintenant dans une entreprise, qui me rabâche qu’il faut faire des économies vis-à-vis de nos nouveaux « clients », terme très parlant qui désigne nos patients.

Alors à tous les soignants, restez mobilisés et continuez ! Arrêtons de nous taire, arrêtons de dire que cela ne sert à rien, continuons ! Allez dans les rues, faites entendre vos voix ! Faites des actions coups de poings dans vos services, mettre un scotch « en grève » c’est bien, la faire c’est mieux ! Faites vous aussi le minimum, ne remplissez plus la paperasse, limitez vous aux soins nécessaires et urgents. Moi en tout cas, je me prépare à une grève dans mon service pour faire plier l’hôpital. Autant les embêter eux plutôt qu’un gouvernement qui n’en a que faire de vous.

A propos de Thibault Deschamps

Infirmier 2.0 - Je partage tout et rien mais cela n'engage que moi. Note: Article rédigé en collaboration avec l'entreprise citée

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