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Au secours, vla le « bed manager » !

Bed ManagerDernièrement, la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Tourraine, avait annoncé la création d’un dispositif de gestion des lits d’aval (Bed Manager) au sein des services d’urgences en aide avec l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP).

Elle a profité d’un déplacement à l’hôpital Paris Saint-Joseph à Paris pour présenter son nouveau programme. Elle a surtout entendu Samu-Urgences de France qui appelait les urgentistes à arrêter de chercher des lits à partir du 15 octobre prochain.

C’est quoi un bed manager ?

La ministre a alors déclaré que le problème aux urgences, c’est « parfois des moyens mais surtout des questions d’organisation ». Donc en gros, vous pouvez vous brosser pour qu’on vous mette des infirmières en plus, vous n’avez qu’à vous sortir les mains de vos poches. On a bien compris Mme La Ministre.  « Il faut faire en sorte que les patients qui sont aux urgences n’y restent pas ». Ou il faut faire en sorte que les patients viennent réellement pour des urgences et non pour de la bobologie ? Bien évidemment qu’on ne veut pas qu’il reste aux urgences, on est d’accord ! Mais ils viennent quand même, tout le temps. Elle a donc proposé de créer un poste de gestionnaire de lits d’aval (des gens qui sont chargés de trouver des lits d’hospitalisation à la place des médecins). En s’appuyant sur l’exemple de Saint-Joseph dont le système est déjà en place et qui porte ses fruits, la ministre prévoit donc le lancement du programme dans 150 hôpitaux pour soulager les services d’urgence mais aussi ainsi améliorer l’accueil des malades à l’hôpital. C’est l’ARS qui se chargera d’indiquer les services d’urgence dans lesquels il y a une priorité certaine. Courant Juin, les premiers programmes verront donc le jour. Elle ajoute aussi « Nous verrons au cas par cas si des postes doivent être envisagés ou si des réorganisations (…) sont la voie la mieux adaptée ». Ah là, on ne créer plus un poste, on dira juste à la secrétaire en place ou à l’infirmière de prendre son téléphone et d’appeler pour chercher un lit, plus un boulot pour le médecin ça.

Ce programme permet donc de libérer du temps soignant en confiant la coordination des lits à une seule personne. Au niveau du temps soignant, on pourrait en libérer d’une autre façon. La Fédération hospitalière de France (FHF) a vite réagi en considérant tout de même que la ministre aurait pu aller plus loin pour désengorger les urgences… Et moi aussi ! À quand le poste de « paf manager » ? Ce mec qui se prendra des coups à la place du personnel ? Et il est où Pascal le grand frère dans tout ça ? A quand les postes de péage ou l’interdicton de stationner dans le hall des urgences ? Ne pouvons pas renvoyer certains patients voir un médecin de ville ? Ou renvoyer un patient vers un cabinet d’infirmière libérale ?

En gros, je reste mitigé. Cela reste néanmoins un outil et non une solution. Si cette mesure marche à Saint-Joseph comme il est dit, pourquoi pas ! Après tout, les médecins en ont un peu marre de perdre leur temps à chercher des lits pendant une demi-heure. (Hey en même temps, on voit bien des infirmières faire secrétaire, photocopieuse, standardiste et compagnie. Mais c’est un autre débat.) Mais une question me taraude : Le médecin qui appelle pour une place, use de son autorité et de son pouvoir pour faire hospitaliser un patient. Le Bed Manager va t’il réussir à s’imposer lui ?

Alors pourquoi pas oui crée ce poste de Bed Manager ! Mais ce qui me chagrine, c’est encore le temps que cela va prendre à mettre en place cette mesure. En gros, durant 18 mois, la crise aux urgences on en parlera mois grâce à ce coup fumant de notre Ministre ? Et les autres préoccupations liées aux urgences et dont tout le personnel (médecin, infirmière…) n’arrête pas de râler ? On s’en souciera ? Un jour…

A propos de Thibault Deschamps

Infirmier 2.0 - Je partage tout et rien mais cela n'engage que moi. Note: Article rédigé en collaboration avec l'entreprise citée

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Un commentaire

  1. Vaste foutage de gueule.
    Le problème n’est pas de trouver des lits, le problème est de savoir comment les vider au bon moment. On ne compte plus les chefs de services qui donnent comme consigne que le service est plein ou des lits qui sont « embolisés » artificellement.

    Si on avait pas besoin de « vendre » des patients, on aurait pas besoin de chercher des lits.

    Encore une rustine qui ne tiendra pas. Encore un rôle qui va retomber sur l’infirmier qui fait décidément de moins en moins son métier. L’inédéquation entre la formation première et les missions confiées n’est-ce pas la une des causes premières du burn out ?

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