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L’étiquette du patient

Mettre une étiquette à un patient

Ah on va délaisser un peu les chemises des patients pour parler des étiquettes des patients. Très utile pour suivre une bonne traçabilité du patient, pour identifier le patient et suivre les examens, l’étiquette regroupe toutes les informations d’identification du patient. Sur ça, je n’ai rien à dire. Alors pourquoi en parler ? Et bien en fait, j’en parle mais pas pour ce que vous croyez. J’en parle pour d’autres choses que la chemise du patient qui laisse son cul à l’air mais mettre une petite goutte dans le travail quotidien de l’infirmière qui augmente à chaque instant.

Quelle étiquette êtes-vous ?

Ah oui, l’infirmière est là pour soigner et discuter avec le patient. Oui mais depuis quelques années, l’infirmière fait de l’administrative et compagnie, qu’on doit tout tracer et reporter dans un ordinateur, on délaisse la relation au lit du patient pour remplir les dossiers, prendre les rendez-vous, etc etc et etc. On se demande même s’ils ne suppriment pas des postes administratifs tellement que nous on a de plus en plus la tête plongée dans la paperasse.

Depuis quelques jours on a un nouveau joujou dans le bureau des infirmières que personne ne sait vraiment de quoi il s’agit. Il s’agit d’une toute petite imprimante. En regardant de plus près, j’arrive à voir des étiquettes vierges à l’intérieur. Au bout de quelques jours de réponses négatives, j’ai demandé à l’informaticien de l’hôpital qui passait par là. Il ma répondu que c’était pour imprimer les étiquettes des patients. Ah… Mais ok mais.. Ah ok. Ce qu’il faut savoir c’est qu’on pouvait demander des planches d’étiquettes pour tel patient chaque semaine au nouveau des admissions qui gère cela.

Ce qui va se passer, c’est qu’on n’aura plus de plaquettes d’étiquettes car apparemment il y aurait eu quelques soucis, surtout au niveau du laboratoire extérieur qui gère nos bilans sanguins, des numéros d’étiquettes ne correspondant pas au patient. (Oui, un patient arrive et a un numéro, si il sort deux trois jours, il aura un nouveau numéro. Donc si on envoie un bilan avec le premier numéro, y’a un petit soucis…) L’argument peut tenir. Mais donc plus d’étiquettes et c’est à nous de les imprimer quand on l’utilisera. Ah ok… Ce qui fut marrant c’est quand l’informaticien m’a signalé qu’on ne pourra pas imprimer par exemple 7 étiquettes du même patient à la suite mais qu’il faudra cliquer à chaque fois. « Étiquette – Patient – Valider – Imprimer » multiplié par 7. Ouch le temps perdu. Surtout quand on devra faire nos bilans sanguins le matin, déjà qu’il faut speeder de les faire avant qu’ils aient leurs repas, que le coursier part au labo, etc… Mais si je prends la moyenne du service, je dirais 7 bilans à réaliser le matin avec une moyenne de 3 tubes par patient (certains pouvant aller jusqu’à 7 tubes), ce qui fait 7 patients à 3 tubes soit 21 étiquettes à imprimer en faisant 21 fois la manipulation… Pour certains ce n’est rien mais pour nous, c’est du temps perdu, encore. Donc on prend le boulot administratif des admissions pour qu’on le fasse à leur place. Encore.

Certains diront que je suis râleur sur ce coup, que ce n’est pas non plus « la mort » et que j’exagère… C’est que je me plains surtout que nous infirmier et infirmière avons de plus en plus de tache administratives que de soins… Ce que je viens de vous parler, c’est une tâche de plus qui va faire perdre du temps mais on en a d’autres derrières qui se rajoutent. Je préfère franchement à parler du souci qu’a eu le patient avec lui que me faire chier à imprimer 21 étiquettes, avec des ordinateurs qui sont lents…

Dans mon service de soins, on ne fait plus que des soins ou donner des médicaments ou prendre des constantes ou parler avec le patient, non.. On remplit son dossier, on cote nos actes, on coche nos actes, on fait nos transmissions écrites, on vérifie les courriers, on vérifie les consultations, on commande les transports, on vérifie le planning du lendemain, on appelle pour avoir un rendez-vous, répondre au téléphone sur n’importe quel domaine, téléphoner à l’ouvrier pour réparer quelque chose que nous-même n’avons pas réussi à réparer (oui des fois on y arrive, on est aussi plombier/électricien/menuisier à nos heures perdues) etc etc. Tient, c’est ce que faisait ma maman qui était secrétaire médicale il y a quelques années et maintenant à la retraite.

Au rythme où on va, on devient secrétaire. Je n’ai rien contre elle mais chacun son travail, je suis sûr que certaines au chômage serait bien content d’avoir ce travail, et nous aussi, on serait allégé pour s’occuper du patient à son chevet. Et là où ma remarque est  flagrante c’est d’entendre beaucoup de collègue, surtout les « anciennes » dirent une fois par semaine en râlant « je suis pas secrétaire bordel !« 

Voilà c’est tout, encore une fois je n’ai rien contre les secrétaires (bien au contraire) mais je trouve cela dommage de voir qu’on passe moins de temps au chevet du patient… Je peux bien comprendre de passer du temps à remplir les dossiers et même côté nos actes mais il a quand même des choses qu’on pourrait déléguer à d’autres. Mais si en plus on leur enlève ces taches (sur cet exemple, les étiquettes) pour nous les refiler à faire, on s’en sort plus.

Futur débat plus intéressant pour nous, et si on parlait la prochaine fois de la mise en place des bracelets d’identification des patients, pour ou contre ? (Utile pour un bon suivi, de traçabilité et ne pas se tromper de patient mais juger comme une marque d’irrespect à marquer le patient comme du bétail ou pire se rappeler de la déportation avec le numéro tatoué sur le bras…)

Bisou quand même, signé le vieux râleur qui pique.

A propos de Thibault Deschamps

Infirmier 2.0 - Je partage tout et rien mais cela n'engage que moi. Note: Article rédigé en collaboration avec l'entreprise citée

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